PETITE SOEUR par Jean Paul Villermé
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Je t'ai rencontré au hasard d'un train de banlieue,
Souviens-toi, tu râlais contre ce directeur
Qui, le matin même venait avec froideur
Par des mots méchants, durs et dédaigneux
De te refuser un boulot pour ta peau noire
Préférant, d'une autre la blancheur illusoire.

"Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur
Tous ensemble, un jour, on leur fera la peau
A tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C."

Tu paraissais éprouvée, de tes yeux des larmes
Coulaient et tombaient en perles dorées
Et tes joues, par le chagrin, étaient toutes mouillées
Il est des jours ou l'on rêve de prendre les armes
De tout casser, tout foutre en l'air, de tirer dans le tas
Rendre coup pour coup et tant pis pour le dégât.

"Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur
Tous ensemble, un jour, on leur fera la peau
A tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C."

Je me suis placé en face de toi et je t'ai souri,
Derrière les larmes un sourire illumina ton visage
Comme un soleil qui fait briller le paysage
Après la pluie vient l'arc-en-ciel et l'éclaircie
Je t'ai demandé " pourquoi toutes ces pleurs "
Tu m'a répondu " c'est la faute à ma couleur ".

"Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur
Tous ensemble, un jour, on leur fera la peau
A tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C."

Petite sœur que l'on soit noir ou blanc
On est tous identiques sur cette terre
On naît, on chante, on pleure, on désespère
Puis on sourit à la caresse du vent
Au frôlement de l'herbe sur nos chevilles
Et l'on s'émerveille aux premières jonquilles.

"Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur
Tous ensemble, un jour, on leur fera la peau
A tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C."

Je ne sais pas ce que tu es devenue petite sœur
T'a suivi ton chemin, j'ai suivi ma route
Pleine d'embûches, de larmes, de sourires et de doutes
Je garde au fond de ma mémoire l'éclat de ta couleur
Qui, se mélangeant à la mienne, ressemblait au café-crème
Que je bois au matin lorsque sonne l'heure blême.

"Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur
Tous ensemble, un jour, on leur fera la peau
A tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C."

Maintenant quand je monte dans un train de banlieue
Je regarde s'il n'y a pas une fille en pleur
Avec des larmes sur les joues comme la rosée sur les fleurs
Et le désespoir reflétant sur le miroir de ses yeux
Je veux bien des petites sœurs mais pas des malheureuses
Car la couleur de leur peau n'est pas une maladie honteuse.

"Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur
Tous ensemble, un jour, on leur fera la peau
A tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C."

"Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur
Tous ensemble, un jour, on leur fera la peau
A tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C."

"Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur
Tous ensemble, un jour, on leur fera la peau
A tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C."


Jean Paul Villermé

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