LEILA par Jean Paul Villermé
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Elle aimait la chaleur, qui comme une caresse,
Lui réchauffait la peau lorsqu'au sol, par paresse
Sur la plage, elle offrait, au soleil de l'été,
Son corps d'adolescente en toute pureté…

La belle aimait voir, le vol des flamants roses
Au dessus des salins et qui partent moroses,
Lorsque arrive l'hiver, en groupes migrateurs,
Peut-être vers l'Afrique aux cieux plus prometteurs !

Les chevaux camarguais, qui vont dans les prairies,
Ravissaient ses yeux bleus, brillant de rêveries…
Ici les éléments vivent à l'unisson,
La nature et l'humain pour la même moisson !

Ce coin, pour elle, était semblable à l'Algérie
Que son père a quitté, fuyant la barbarie.
Mais la bêtise humaine est partout et l'horreur
Se rit de la frontière, ô terrible fureur…

Car trois voyous rodaient dans notre roselière,
Vers un mas délabré, près de la Capelière.
Ce fut un jour de mai quand fleurit le lilas,
Qu'ils l'ont assassiné d'un coup de coutelas !

Les hommes, bien souvent, paraissent plus sauvages
Qu'un troupeau de taureaux parcourant nos rivages.
Ils ont souillé son corps parmi les grands roseaux
De l'étang Fangassier, grande mare aux oiseaux.

Ils étaient trois salauds qui là, dans l'estuaire,
Firent de la Camargue un linceul mortuaire
Pour la belle étrangère au regard ténébreux,
Et qui tomba victime au pied d'un chêne ombreux.

Leila ,désormais, dort bien loin de nos querelles
Et ses tendres amis, hérons et tourterelles
Viennent se recueillir sur sa tombe en ciment,
Comme pour apaiser sa peine et son tourment !


Jean Paul Villermé

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modifié octobre 2008