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A reculon depuis toujours J'avance en redoutant le froid de la crevasse Que je sens dans mon dos avec le temps qui passe Se rapprocher d'autant L'herbe de ma prairie depuis le premier jour Je m'y suis accroché l'ai foulée à mon soûl Je m'en suis enivré tout en restant debout Et passent les hivers les amours et le temps Je laisserai ici Les orties et les fleurs Les joies et les soucis Que deviendrai-je ailleurs Chute sans fin de la falaise Un plongeon dans le gouffre un saut d'éternité Attiré par l'éclair ou par l'obscurité Dans l'air étourdissant Un riant diablotin un archange de braise Le fidèle éternel d'une déesse ébène Un esprit de la nuit une âme de l'Eden Un animal sacré voire aussi le néant Je laisserai ici Les orties et les fleurs Les joies et les soucis Que deviendrai-je ailleurs Le vent la neige et les embruns Ont transformé l'endroit ont semé l'amnésie Il court sur ma maison et lapide mon puits En enfant bon joueur Il me ressemble un peu sourire et cheveux bruns Peut-être sans le savoir est-il venu chercher Auprès d'un autre ailleurs de l'immortalité Ailleurs peut être ici, ici peut être ailleurs Je laisserai ici Les orties et les fleurs Les joies et les soucis Que deviendrai-je ailleurs Philippe Pelloux-Prayer - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |