Y A PAS QU EN HIVER par Annick KIEFER
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Affalé sur le sol mouillé d’une rue animée,
Tu relèves ton col usé où une goutte a roulé
Contre ta peau glacée, froide de toutes ces journées,
Ces années cumulées sans pouvoir te réchauffer.
Une bouteille d’alcool, c’est ta seule compagnie.
Ce n’est pas de la gnôle, mais ça réchauffe aussi.
C’est la vinasse du pauvre, le champagne des sans-abri
Qui, dans ton foie, se love, et qui raccourcit ta vie.

D’ailleurs, t’as pas toujours bu, t’as pas toujours su
Qu’un jour tu serais là, assis dans la rue.
D’ailleurs t’as bossé, cotisé, engrossé,
T’as p’tête bien des gamins qui n’savent pas c’que tu d’viens.

Ton corps sec est meurtri à force d’inconfort
Dans de tristes taudis, de pâles corridors
Lorsque vient la nuit, et que partout l’on dort,
Lorsque survient le jour et qu’on te chasse au-dehors.
Tu rêves d’un café chaud, d’une salle enfumée
Où fuseraient des rires que tu partagerais.
Tu espères des sourires, des phrases échangées
Mais tes poches sont vides et tes rêves envolés.

D’ailleurs, t’as toujours cru que ta vie s’rait foutue
Le jour où tu serais là, assis dans la rue.
Tu te disais « pas moi ! ça ne m’arrivera pas ! »
Il y a des années de ça, et pourtant, tu es là.

Sur ton coin de trottoir, ton chez-toi éphémère,
Tu tends une paume noire, comme en signe de prière.
Tu recherches de l’espoir plus qu’une pitié passagère
Nous passons sans te voir, sans oser franchir la barrière.

D’ailleurs, t’as toujours vu, au plein cœur de l’hiver,
La lumière se faire crue sur ta vie de galères,
Quand, dans l’urgence, on soigne nos petites consciences
Pour ensuite, t’oublier et sur toi faire le silence.


A croire que le malheur serait donc contagieux,
Ou, d’être banalisé, il serait ennuyeux ?
Peut-être savons-nous, du tréfonds de nos âmes,
Quelle fragile limite nous sépare du drame…
Du drame que tu vis, dont tu n’as rien choisi.
Mais si on te condamne, on se damne aussi.
To visage abîmé que je refuse de voir
Je pourrais le croiser, un jour, dans mon miroir,
Dans mon miroir…


Annick KIEFER

- commentaires :
-C2 le 28 avril 2010 à 16 : 06
par BAUDON : Une musique est née de votre texte, mais impossible de vous joindre malgré plusieurs messages sur le site !!! Jean Baudon *F2
-C1 le 27 mars 2008 à 22 : 43
par Lauric : Et bien de mieux en mieux, c'est le second texte que je lis de votre personne et je le trouve pas mal du tout celui-ci. Pas facile d'aborder le sujet mais vous le faite avec justesse. *F1


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y a pas qu en hiver annick kiefer ce n’est pas de la gnôle, mais ça réchauffe aussi.

y a pas qu en hiver annick kiefer ce n’est pas de la gnôle, mais ça réchauffe aussi.



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