Voici l’histoire peu banale Du facteur de notre village Un être vil et sans morale Un effroyable personnage Assez gonflé pour se permettre Comme s’il trouvait ça normal De lire chacune des lettres Avant sa tournée matinale Il savait tout de la crémière De ses montées d’adrénaline N’ignorait pas que le notaire Etait épris de sa voisine Il espionnait la boulangère Et parcourait ses magazines Désapprouvait quand la bouchère Se faisait refair’ la poitrine Mais les gens étaient unanimes Pour dire qu’il était aimable Sans voir qu’ils étaient les victimes De manœuvres si déplorables Il arrivait de temps en temps Que pour mieux gagner leur estime Il ajoutât discrètement Deux ou trois lettres anonymes Un beau matin notre corbeau Sans se méfier, sans crier gare Ouvrit une lettre de trop Bordée d’un fin liseré noir Il étouffa, prit une option Sur le tout prochain corbillard En découvrant son propre nom Au beau milieu d’un faire-part C’est mémorable en quelque sorte Il fut sa dernière victime Mais que le diable nous l’emporte Faire sa tournée aux Abymes Ayant vite posé les yeux Simplement sur le patronyme Il n’avait vu le malheureux Qu’il s’agissait d’un homonyme Comme je vous l’avais bien dit C’est une histoire peu banale Comme il n’en arrive qu’ici Dans ce village original Et le docteur qui découvrit Le facteur à l’horizontale Dans un sourire nous a dit « En somme sa mort lui fut fatale » François ARAGON - commentaires : Ajouter votre avis le facteur françois aragon comme s’il trouvait ça normalle facteur françois aragon comme s’il trouvait ça normal Le site : CONTACT |
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