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Variations sur un aveu par François ARAGON


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Comme à votre visage une ride vaincue
A votre lèvre un mot à jamais suspendu
Comme un grain de beauté voué à votre peau
Ma chair de vos regards jalousement vêtue
Comme la vigne au vin et Verlaine à Rimbaud
De vous je suis issu, que par vous je ne vaux

Je guette à tout moment l’écho de votre voix
Je vous entends d’ici à l’autre bout du monde
Le souffle chaud d’un son à vos lèvres de soie
S’envole jusqu’à moi, voyage et vagabonde
J’attends votre venue pour taire une seconde
Les plaintes de ma porte apaisée sous vos doigts

Quand l’univers dépose une étoile à vos pieds
Au chevet de la couche où vous vous endormez
Mon calme singulier n’est que le calque impur
Une pâle copie, une caricature
De la vivacité d’un combat sans pitié
Mené auprès d’un ange à soigner vos blessures

Je vous ai dit ma fièvre, avez-vous entendu ?
J’ai crevé cet abcès, je n’y reviendrai plus
Le doute est plus fort que la volonté parfois
Mon jugement se perd en gestes retenus
J’entends les mots jetés par vous à mon endroit
Ces mots qui ne sont pas ce que j’attends qu’ils soient

Je vous ai dit ma fièvre, et vous avez compris
Pourtant, à votre tour, vous ne m’avez rien dit
Le supplice infligé par un si long silence
L’évidente avanie de votre indifférence
Sacrifient mes aveux à l’autel du mépris
Déguisent ma tristesse en atroces souffrances

Ce mal n’est pas éclos d’une jeune couvée
Il sait vaincre les ans, apprivoiser les jours
La durée n’a rien fait d’autre que l’affirmer
A quoi bon les efforts que j’ai mis à lutter
A subir les assauts que livrent tour à tour
En moi les deux envies d’admettre et refuser

Il me faudra faire preuve de vigilance
Que pour me délivrer, pour soulager ma peine
Sournoisement en moi ne s’immisce la haine
Qu’à la déraison ne succède la démence
Que votre compagnie, ennemie ne devienne
Car la passion se joue des cris de la conscience

Et ma douleur est telle que sans y penser
Le combat de mon être à vouloir vous rejoindre
Avec la vérité qui doit lui refuser
Me verra renoncer plutôt que de me plaindre
M’éloigner peu à peu voire vous éviter
Comme un homme qui fuit ce qu’il ne peut atteindre

Je ne réclame rien j’allège mon fardeau
La morsure du fer qui grave sur mes os
Votre prénom de feu en lettres de couleur
Mon corps n’est qu’une plaie qui cherche le repos
Malheureux le curieux qui se risque et se meurt
Dans le dédale obscur d’un sordide intérieur

Sachez que malgré tout rien à vous ne s’impose
De mon âme meurtrie ne prenez pas la cause
Vous n’avez pas voulu, vous n’avez pas choisi
Reproche-t-on aux hommes l’ombre qui les suit ?
Je cultive en dedans ce que dire je n’ose
Je suis seul responsable de mon agonie

Je vois en négatif, le sombre dans les choses
Je préfère le noir, les épines aux roses
Dans tout ce que je dis, dans tout ce que je vis
Se mêlent l’amertume et la mélancolie
Je vois la Place de Grève en chaque parvis
Et la corde à la branche où les oiseaux se posent

Je n’avais pas le droit d’accaparer vos joies
Deviner vos envies, faire miens vos émois
Mais cet appel profond que je n’étouffe plus
Diffuse dans mon sang la fièvre défendue
Me pousse à désirer malgré ce que je vois
Vos jours avec les miens ensemble confondus

J’aurais dû naître ailleurs, en terre d’Aragon
Vous seriez mon Elsa, je crierais votre nom
Mais qu’importe mon joug, que m’importe son poids
Je retrouve ma force à votre apparition
Je reprends souffle et vie une nouvelle fois
Je vous laisse venir et vous répandre en moi

Et dans une autre vie, que n’avons nous vécu ?
Mon plaisir a le goût amer du temps perdu
Tous ces jours à jeûner, privé de votre joue
Sous la peau trop tendue, un ventre rond et doux
Comme ceux des enfants qu’on n’alimente plus
Affamé de beauté, je me nourris de vous

Vous êtes dans le ciel, les vents et les marées
Je me ressource en vous comme un félin au fleuve
Une larme à vos yeux suffit que je m’abreuve
Alors que devant vous, vaine est ma volonté
Je voudrais vous convaincre et savoir vous parler
D’un amour éperdu vous apporter la preuve

Le murmure des murs à vos pas langoureux
S’amuse à raviver ma mémoire volage
Le souvenir lointain, diffus et vaporeux
D’un jouvenceau transi, timide et boutonneux
Vous déversez en moi un délicat breuvage
Qui ajoute à mes sens et enlève à mon âge

A naviguer à vue vers vos soyeux rivages
Je dérive aux abords de divins paysages
Un chemin de clarté inondé de soleil
Une chute de reins à nulle autre pareille
La courbe d’une hanche et mille autres merveilles
Je cherche les récifs, volontaire au naufrage

Toujours votre visage à cajoler sans fin
Le velours de vos joues plus doux que le satin
La valeur des bijoux livrés à votre cou
Ivre d’envisager de vos lèvres le goût
Délivré de mes rêves je livre au matin
Mon âme à vos genoux, mon cœur à votre main

Au bout de mon sommeil, je sens votre présence
Dans la sérénité d’un songe sous la brume
Mais votre image fond, disparaît dans l’écume
Quand se lève le vent et que les vagues dansent
A l’aube le soleil éclaire votre absence
L’éveil est un soufflet au feu qui me consume

Si l’écriture avoue quand la bouche n’a pu
Les aveux de papier en paroles s’en vont
Et vous parler demain dépasse ma raison
Je longerai la nuit de ma triste prison
Vraiment sans vous ma vie ne vaut d’être vécue
Vraiment sans vous à vivre je me suis perdu

A trop vous contempler je vais perdre la vue
A t’aimer comme un fou je le suis devenu

François ARAGON

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de vous je suis issu, que par vous je ne vaux

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