|
Mes parents, mes amis, mes amours, mes petits faut pas m'en vouloir de ne plus croire. Quelques soirs au plus profond de mon désespoir quand je broie du noir j'implore la mort pour qu'elle m'oublie encore je sais que j'ai tort et que personne n'échappe à son sort Je lui fais des aveux pour qu'elle me comprenne un peu je lui fais des confidences je lui parle de mon passé, de mon enfance de ma douleur, de ma souffrance. Je lui avoue tout ce qui me fou je sais que je n'arriverai jamais jusqu'au bout souvent je délire je ne veux pas mourir. Je lui demande une grâce, une indulgence, une dernière chance au moins un sursis pour un crime que je n'ai pas commis je l'implore, je la supplie pour qu'elle me laisse la vie. Transgresser les interdits serait-il un délit? passible d'une lourde sentence qui me condamnerait d'avance. De nos jours aimer la vie et le naturel serait-il un pêché mortel? j'ai succombé à la tentation j'ai fait fi du bon sens et de la raison inconsciemment je vivais dangereusement j'ai manqué de lucidité je me complaisais dans la légèreté et aujourd'hui devant le fait accompli j'ai compris que pour moi c'est bientôt fini le sida a écourté ma vie Mais au fond de moi même je me disais que ça ne vaut pas la peine de vivre dans un monde en délire où tout fait souffrir ce monde fou où l'on s'interdit tout juste pour la survie la vraie vie serait-elle une hérésie? dans un monde aseptisé où l'on s'interdit même les baisers c'est clair la terre est devenue l'antichambre de l'enfer vaut mieux partir et ne plus souffrir. Nadine DALUZEAU - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
Thème
tolérance |