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Le sang du blues Le sang qui coule dans leurs veines Avec la force d’une étrave Charrie la rouille des épaves Et porte en lui la haine Des hommes noirs et braves Réduits au rang d’esclave Le chant qui coule de leurs lèvres Avec ses notes noires et graves N’a rien de léger ni de suave Mais porte en lui la fièvre Des aiguilles d’agave Sur les stigmates des cadavres Le blues qui roule c’est le sang Le sang de millions d’innocents De tous ces hommes s’efforçant De ne pas crever dans des cages Le blues qui roule c’est le sang Le sang de millions d’innocents De ces enfants morts en bas âge Dans les eaux glauques des marécages Le sang qui coule dans leurs veines A la densité de la lave Et le jus aigre des goyaves Il porte en lui les gènes De la misère, de la disgrâce Des humains qui ont perdu la face Le chant qui coule de leurs lèvres N’a pas la force d’un octave Tant ils sont faibles et hâves Il coule de leur plèvre Le suc putride du carnage Offert aux riches nécrophages Le blues qui roule c’est le sang Le sang de millions d’innocents De tous ces hommes s’efforçant De ne pas crever dans des cages Le blues qui roule c’est le sang Le sang de millions d’innocents De ces enfants morts en bas âge Dans les eaux glauques des marécages Le blues qui coule c’est le pus Le pus des abcès tumescents Des corps d’ébène s’efforçant De revivre après l’écharnage Le blues qui coule c’est le pus Le pus des abcès tumescents Qui s’étale et qui se propage Avec la force de la rage Le blues qui roule c’est le chant Le chant lucide et oppressant Des hommes qui ont arrosé de leur sang L’herbe grasse des pâturages Le blues qui roule, c’est le chant Le chant lucide et oppressant Des hommes puisant dans leur courage Pour résister à tant d’outrages Le blues, c’est un don, un partage Plus qu’une chanson, un hommage Le blues, c’est un don, un partage Plus qu’une chanson, un hommage Michel Gouaud - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
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