par Franck Stadel
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L’avait quitté Paris
L’marché d’la rue Mouff’tard
Et la place d’Italie
Pour dev’nir banlieusard
J’allais l’voir aux vacances
Tout seul comme un grand frère
Je traversais la France
Et qu’est-ce que j’étais fier

Lui à la gare de Lyon
En avance d’une bonne heure
Son feutre sur le front
Rayonnait de bonheur
Je le voyais de loin
Campé au bout du quai
Détaillant avec soin
Tous les gens qui passaient

Il m’app’lait mon cadet
J’étais adolescent
Moi ça m’faisait rêver
Je savourais l’instant


Les tours de St Gratien
Plus rien pour s’évader
Pour être prêt des gamins
Est-ce qu’il faut sacrifier
La truite au p’tit matin
Les plages de Noirmoutier
Les sentiers les chemins
Et les pins forestiers

Ses yeux bleus presque blancs
Où perçaient des regrets
Comme ceux des enfants
Brillaient quand j’évoquais
Les chemins serpentants
Au milieu des nois’tiers
Pour lui c’était un chant m
Un refrain du passé

Il m’app’lait mon cadet
Je n’étais qu’un enfant
Moi ça m’faisait rêver
C’était il y a longtemps


Toutes ses histoires de guerre
J’les connaissais déjà
Les lettres de mon père
Ses souv’nirs Auvergnats
Plus rien n’était mystère
Mais il faut dire je crois
Que mon imaginaire
Lui ne s’en lassait pas

Les montagnes la verdure
Les avait retrouvé
Mais c’était en lecture
Qu’il aimait à rêver
D’espaces à sa mesure
Sauvages ou préservés
Les livres comme une armure
Pour ne pas oublier

Il m’app’lait mon cadet
Je n’étais qu’un enfant
Moi ça m’faisait rêver
J’y pense encore souvent


La pendule intraitable
Ne l’a pas épargné
Et tel un château d’sable
Par le vent élimé
Le temps ce détestable
Lui a pris sa santé
Puisqu’il est incapable
De nous laisser en paix

Toute la mélancolie
Va t’en savoir pourquoi
Un beau jour ressurgie
Quand tu t’y attends pas
Cette petite mélodie
Avec son air sournois
C’est sans doute lui qui
Me dit qu’il n’oublie pas

Il m’app’lait mon cadet
C’était comme un onguent
Moi ça m’faisait rêver
L’amour à bout portant


J’aurais pu lui glisser
Dans sa dernière demeure
Une belle branche de nois’tier
Mais j’avais sur le cœur
Le poids d’un arbre entier a
Effeuillant ma douleur
La froideur de janvier
Un air en la mineur

Le poids d’un arbre entier
Cette envie d’être ailleurs
La froideur de janvier
Un air en la mineur

La la …….
Franck Stadel

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Thème Hommage
modifié octobre 2008