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On m’avait appelé un matin l’Espérance Un nom si pur et beau comme un jour de chance Naviguant sans répit sur l’océan immense Je portais bien haut les couleurs de la France Des milliers de jours et des milliers d’étapes A sentir dans le vent les haubans qui frappent Malgré l’assaut des vagues leur travail de sape Je n’ai jamais flanché j’ai maintenu le cap Chargé lourd d’épices et d’alcool à outrance Des cris des marins enivrés d’effluences De la Rochelle de Nantes ou bien de Fort De France A peine arrivé et déjà en partance Ma vie était dure mais j’étais fait pour ça Jusqu'à ce jour maudit de seize cent quarante trois Moi, moi le grand frère si fier de mes trois mats J’en ai le mal de mer mais qu’ont-ils fait de moi… Padon paka guéri bos’ Me revient toujours la voix des gosses Padon paka gueri bos’ Padon paka guéri bos' J’entends encore les cris étouffés des enfants Le bruit sourd de leurs chaînes sur leurs membres tremblants Jetés à fond de cale entassés et ferrés Pourvoyeur d’esclaves me voila négrier Quel supplice que ma vie aventure inhumaine J’ai tellement mal au cœur j’ai tellement tant de peine Transportant comme ils disent ces stères de bois d’ébène Que mes voiles au portant comme un linceul emmènent Est-ce trop demander que ces hommes par décence Ne m’appellent plus jamais de ce nom d’espérance Quand mon sein est souffrance que des ongles s’enfoncent Comme des prières muettes gravées dans mes essences Je me saborderai si je peux je le jure Je ne veux plus entendre les plaintes et les murmures On m’avait appelé un matin l’Espérance Sur un quelconque écueil je laverai cette offense Maléré pani gwo ké Disaient-ils les yeux baissés Maléré pani gwo ké Maléré pani gwo ké Maléré pani gwo ké Maléré pani gwo ké Nota : Padon paka guéri bos’que l’on peut traduire par « il y a des fautes irreparables » Maléré pani gwo ké que l’on peut traduire par « les malheureux ne font pas les difficiles » Franck Stadel - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
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tolérance |