Roberta par Eric GRUNENWALD


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Je te connais depuis des mois. Tu t’appelles Roberta
Tu habites à deux pas: Rue Armand
Moi j’aurais préféré Sarah. Mais on ne choisit pas
Il est vrai qu’Roberta c’est marrant
Comme je voudrais vivre avec toi. Te serrer dans mes bras
Te sentir contre moi. Mais j’attends

à 13 h 00 Tu ouvres tes volets. Tu viens à peine de te lever
à 16 h 00 Tu vas faire tes courses chez Saïd. Saïd c’est un copain, il est sympa
à 19 h 00 Tu sors. Tu es en retard. Tu cours. Tu cours
à 04 h 00 du matin. Tu reviens enfin. Ta robe est chiffonnée. Tes yeux trop maquillés. Fatiguée.

Tes horaires surprennent un peu. Mais je n’suis pas curieux
Chacun fait ce qu’il veut de sa vie
J’adore tous ces moments passés, à l’abri des volets
A t’aimer sans danger, sans souci
En arrêt tel un chien de chasse, je surveille l’impasse
Je renifle tes traces, ça m’suffit

à 13 h 00 Je t’aperçois quelquefois. Une ombre derrière les rideaux
à 16 h 00 Je te croise par hasard près des boîtes à lettres. Pas le courage de te parler
à 19 h 00 Je ne trouve pas non plus le courage de te suivre. Savoir où tu vas
à 04 h 00 du matin. Je ne dors pas. Je pense à toi. Pourquoi rentres-tu si tard ?

Mes amis sont jaloux. Ils disent que tu n’es pas une vraie femme. Ils disent que tu te vends à ceux qui aiment. Mais c’est pas vrai. C’est pas vrai !

Un beau jour, aidé de la chance, au bout de la patience
Débordant d’espérance, voyez-vous
Un jour sûrement j’oserai lui parler pour de vrai
Vaincre ce qui effraie: les tabous

Elle me laissera l’approcher. Je vais l’apprivoiser
Et puis la courtiser. Sans à-coups

à 13 h 00 Tu ouvres tes volets. Tu viens à peine de te lever
à 16 h 00 Tu vas faire tes courses chez Saïd. Saïd, c’est un copain, il est sympa
à 19 h 00 Tu sors. Tu es en retard. Tu cours. Tu cours toujours
à 04 h 00 du matin. Tu reviens enfin. Ta robe est chiffonnée. Tes yeux trop maquillés. Fatiguée.

Je te connais depuis des mois. Tu t’appelles Roberta
Tu habites à deux pas: Rue Armand
Comme je voudrais vivre avec toi. Te serrer dans mes bras
Te sentir contre moi. Mais j’attends

à 13 h 00 Tiens, tu es à la fenêtre. Tu regardes la rue
à 16 h 00 Je trouverai le courage de t’aborder. Te dire bonjour
à 19 h 00 Où vas-tu ? Où vas-tu ?
à 04 h 00 du matin. Je ne dors pas. Je pense. Je ne dors pas !


Eric GRUNENWALD

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modifié octobre 2008