|
Dans une rue mal éclairée Une ombre sort et se rhabille Bien fatiguée et trop fardée Elle quitte ce maudit quartier Depuis vingt ans, elle va et vient Faire ses passes dans le cinquième. Cette vie là c'est pas son choix Mais elle savait faire que ça Fatalité ou bien hasard, Elle est tombée dans ce traqu'nard Elle n'a pas su trouver sa voie Alors son corps s'est fait pantin... Et elle rythme la cadence De tous ces coups de reins malsains Du tout premier jusqu'au dernier Qui lui déchire sa dignité. Passive, lascive, elle s'incline Pour l'inconnu qui la domine Le choix bestial de ses supplices Sans vrai plaisir et sans envie. Pour tenir à ce bout de vie Elle a conçu l'enfant de tous Ce petit homme qu'elle a gardé Donner un sens à ses années Elle voit en lui sa seul' sortie Sa liberté, sa délivrance. Dans son deux pièces elle rejoint Celui qui soigne ses chagrins Comme une louve, elle en prend soin Elle en fera quelqu'un de bien Il la regarde et lui sourit Demain, peut-être, une autre vie ? Et elle lui chante ses refrains Son petit ange, son espérance C'est son bonheur, son point d'honneur Sans avoir l'air, c'est une mère ! Elle a construit autour de lui Un paradis, un vrai, sans fil C'est pour cela que tous les soirs Elle se donne et se transforme C'est pour cela qu'à chaque cri Elle construit son avenir... Paroles de Vincent CAPLAN Texte déclaré à la SACEMVincent Caplan - commentaires : -C1 le 20 mars 2007 à 09 : 21 par lenoble : C\'est déchirant et criant de vérité. Oui ces femmes de \"mauvaises vies\" peuvent être aussi dignes que bien des autres... et j\'ai vraiment aimé votre manière si délicate d\'en parler, on touche au désespoir, à la noirceur puis on reprend espoir et on comprend que le corps est offert en sacrifice pour construire l\'avenir de cet enfant qui se nomme \"espérance\" . Bravo le texte est superbement construit et on est suspendu à chaque ligne, à chaque mot... Votre talent m\'enchentera toujours. *F1 Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
Thème
Réalité |