Les deux vins par Jacques Auguste COLIN
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LES DEUX VINS
Chanson de Chti'mi, (sur un air qui se décline lui-même...)

Je me souviens des "boit-sans-soif",
quand, du côté de Saint Gengoux,
pour échapper à la luftwaffe,
nous nous cachions parmi les houx.

Le petit Gamay de Bourgogne,
que l'on donnait aux maquisards,
allumait nos joues et nos trognes
sans jamais chasser le cafard.

Troquant la brique pour la pierre,
du noir pays d'où je venais,
buveur d'eau, buveur de bière,
je découvrais le vin mauvais.

En ces temps de grande misère,
j'avais le vin bien tristounet...
Et, sanglotant sur ma litière,
je me suis souvent effondré...

Puis vinrent les jours de victoire;
le gamay devint du pinot.
On dansait dans les rues le soir
et dans chaque coin de bistrot.

Lors je connus une beaunoise
buvant, chantant sur mes genoux,
et moi qui n'aimais que cervoise
je me noyais dans le vin doux.

Et depuis, j'ai le vin joyeux,
surtout quand au milieu d'amis,
j'aperçois que brillent ses yeux
devant le verre que lui emplis.

Ca fait plus de soixante piges
que je bois son regard doré
comme le Meursault qu'elle exige
pour mieux se laisser adorer

Quand viendront nos heures dernières,
crois que bien saouls nous renaîtrons,
avec un clin d'œil à St Pierre,
dans un vieux cep, près de Chalon

Rien n'est si bon de par le monde
que le sang des coteaux dorés:
C'est un Flamand chez les Burgondes
qui ce soir vous l'aura chanté...l'aura chanté...

JAC. Tournus - août 2004



Jacques Auguste COLIN

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Thème Chansons à boire
modifié octobre 2008