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Quinze ans. Dans ma mémoire elle est superbe Moi, plutôt novice et imberbe, Apprenti au rayon gadin Dans le no man’s land féminin. Sur ses mains mes phalanges noueuses Semblaient pourtant la rendre heureuse. Mon front n’était qu’un champ de mines Où ripaient ses lèvres divines… Les bourgeons s’invitent au printemps… à quinze ans. Elle fit ses crocs sur ma chair tendre ; Moi, j’étais d’accord à tout prendre Pourvu que les copains jaloux S’imaginent qu’elle a vu le loup… On est sincère autant qu’on ment… à quinze ans. De serment bancal en promesses, Elle menait sa barque en maîtresse ; Moi, j’gobais tout, largement plus, Les conn’ries, les craques et l’bonus… Pour les galères, j’étais partant… à quinze ans. Et puis… Elle à rassemblé ses affaires, Mis son cartable en bandoulière, Soufflé sur sa mèche en riant ; Moi, j’ai juste serré les dents… La douleur est comme un aimant… à quinze ans. J’ai chialé comme un gosse de riche Abandonné par sa pouliche, Collé en pension chez les sœurs, Privé d’Barbie pour son quatre heure… On apprend à rester vivant… à quinze ans. Elle à fini dans un bordel près d’la frontière espagnole… Moi, j’pointe mon carrosse à Sarcelle dans un magasin pas drôle… Etrange bourreau en tenue d’Eve, J’ai bu le calice à ses lèvres . Elle a allumé sans efforts Cet incendie qui brûle encore Dans ma mémoire obstinément… mes quinze ans. Jean Denaves - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
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