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Pas encore 23 heures, se referment ses doigts Elle porte son cache-cœur, pour ne pas prendre froid La nuit en clair-obscur, près de la cathédrale Ne trouvant pas l’azur, se fanent ses pétales Elle sèche l’eau de ses cils et son atroce parfum Réajuste les fils du rêve américain La porte semble lourde, fixant les métaphores D’une fatalité sourde et du mal qui dévore Ses pas se font plus lents, l’approche plus solennelle L’air déjà moins présent, tête à tête éternel Si par évidence, elle est proche des ombres Sous les rares silences, la fleur est moins sombre Petite fille prostrée près de la nécropole L’aiguille paraît figée tandis qu’elle s’isole Lui demander son droit à l’alcool des communs Pour adjurer le choix d’inventer son destin Elle se pose, immobile, comme n’attendant plus rien Noyant d’eaux graciles, les injustices des siens Accroupie dans la nef, encore se reprendre S’il doit être bref, le chemin sera tendre A quoi bon pleurerait-elle si personne n’attend ? A quoi bon hurlerait-elle quand personne n’entend ? Alors, elle s’empare des colères qui la saignent Pour pouvoir tempérer les couleurs qui la peignent Sous les croisées d’ogives, elle se demande encore Si de ses dérives, ne naîtra pas de l’or Alors vouloir mourir sans plaisanter vraiment Si on ne peut sourire en ayant plus de temps Même les pièces alentours lui paraissent trop grandes Submergée par l’amour que son monde demande Etrangère à elle-même, elle l’appelle pourtant Et tend en blasphème, sa main en avant Elle aimerait parfois, se diviser d’un corps Devenu trop étroit, de tous ses désaccords Assise près de la croix, ne saura-t-elle jamais Qu’elle est issue des bois les plus précieux trouvés ? Elle est de ces présents qu’on ne saurait ouvrir Elle est de ces diamants qu’il nous faut adoucir Alors si sa tiédeur masque parfois ses pas De la plus belle chaleur, elle te protégera Tandis qu’elle quitte l’hôtel, le sépia de ses yeux Ne la rend que plus belle, d’un touchant camaïeu La petit fille native d’un décan oublié S’en retourne émotive, vers les sons enivrés En lui prenant la main, je voudrais l’emmener A l’abri des refrains, à l’écart du sentier Elle est de ces futurs qu’il nous faut découvrir Elle est de ces azurs qui refusent de s’offrir Nous sommes aveugles. Stéphane Joye - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
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