VOICES IN MY HEAD par Mélanie THERY
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Sur le sol de ma chambre, un amas d’armes.
Je sélectionne celle qui servira à l’homicide.
Un simple gun ne me suffit pas, mais cette carabine est parfaite.
Attention, me voilà dans l’escalier.
Papa, pourquoi as-tu toujours voulu plus que ce que je pouvais te donner ?
Je ne veux plus te décevoir.
Mon doigt presse sur la détente,
Touché à la nuque, tu t’effondres, le col de ta chemise taché de sang.
19 h, les munitions sont étalées dans le salon.
Le fusil rechargé.

Ces voix dans ma tête ne cessent pas.
Mon Dieu ! Comment puis-je les faire disparaître.
Je les ai ignorées si longtemps. Lentement elles se sont emparées de moi.

Maman ne va plus tarder maintenant.
Je ne voulais pas te faire de mal,
Mais tu me détesteras si tu vois papa à présent. Je t’aime.
Le face à face est trop douloureux.
Je ferme les yeux, trois balles transpercent ta peau.
Ton corps tombe dans les escaliers, lourd,
Et la tête cogne sur chacune des marches.
Je couvre vos cadavres d’un drap blanc.
Pardonnez moi. Je suis un mauvais fils. Un bon à rien.

Ces voix dans ma tête ne cessent pas.
Mon Dieu ! Comment puis-je les faire disparaître.
Je les ai ignorées si longtemps. Lentement elles se sont emparées de moi.

La lumière pénètre à nouveau dans la maison sans vie.
J’allume la stéréo, la musique est douce mais le volume au maximum,
Comme pour ne plus entendre les lamentations des morts et les apaiser.
Je prends la voiture, je dois aller à l’université maintenant.
Il est bientôt midi, le réfectoire est plein.
Les gens discutent, mangent, rigolent.
Personne n’a jamais fait attention à moi ici.
Peut-être me verront-ils cette fois.
J’ai choisi la mitraillette ce matin.
Le feu est ouvert, les balles sifflent.
Des élèves s’écroulent.
Des cris, des pleurs, la frayeur dans les yeux.

Ces voix dans ma tête ne cessent pas.
Mon Dieu ! Comment puis-je les faire disparaître.
Je les ai ignorées si longtemps. Lentement elles se sont emparées de moi.

Après ça je mettrais fin à mes jours,
Ceux qui ne l’ont pas fait sont idiots.
Mais mon corps est tout à coup plaqué sur le sol.
J’ai beau me débattre, je ne peux plus bouger.
Laissez moi ! Tuez moi au moins !
Tuez moi je vous en supplie !
Tuez moi !...
Quelqu’un contrôle mon esprit.
Les êtres que j’aimais sont morts.
Tuez le monstre qui est en moi.

(Inspiré d’un massacre aux Etats-Unis par un adolescent)


Mélanie THERY

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Thème Mort
modifié octobre 2008