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Cher tonton Georges je t’écris De retour de ton pays, Que j’avais voulu traverser En pèlerinage d’amitié, Ces gens qui sont nés quelque part N’ont plus de quoi faire les vantards, Ta ville est devenue bien laide Comme beaucoup de jolis bleds… De cette baleine de pierre Veillant sur les marins en mer, Ne reste plus qu’une sardine Criblée par les antennes fines, De bouts de béton infinis Donnant au ciel un peu de gris, On laisse crever les marins Pour quelques histoires de gains… Tes plages au sable si fin Sont devenues champs de bovins, Sous les ordures de touristes Parfois haineux ou égoïstes, Au soleil de la corniche Restent les châteaux des caniches, Les enfants préfèrent marcher Dans l’ombre des rues épargnées… Les quais que tu longeas naguère Au couleurs entre terre et mer, Abritent de pâles restaurants Où l’on entend plus ton accent, Les vieux ateliers des pêcheurs Sont des boutiques sans saveur, Qui portent les affiches tristes De sales têtes extrémistes… Le seule chose de sensée Dans ce paysage faussé, Fut une de tes chansons Que j’entendis passant le pont, Un baladin cheveux au vent Chantonnait à travers le temps, Sa guitare renvoyait au soleil Quelques petits éclats vermeils… Cher tonton Georges repasse un jour Nous donner un petit bonjour, Et raconter quelques histoires Grivoises du pays du soir, Viens chanter un peu de sagesse Sur ces pauvres gens en détresse, Qui meurent doucement d’indifférence De faux progrès en déchéance… Christian JUPHARD - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
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