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LES « RESTAVEC » Elle a cinq ans, cette petite fille, Qui marche sur les trottoirs de cette ville, Elle est belle comme un coucher de soleil, Et les larmes sur son visage ruissellent, Elle a la peau noire d’une enfant d’Haïti, Elle vit son cauchemar sans un cri, Elle ne se plaint jamais, Le regard vide, on l’a déjà tuée, Envolée son innocence, Perdue son enfance, Ses ailes se sont brisées, Lorsqu’elle a reçu son premier coup de fouet, Elle a les mains abîmées, Dort par terre quand ses taches sont terminées, Le ventre vide, du pain sec elle a mangé, Elle a froid et dort avec ses souliers, Cette petite n’a que cinq ans, Elle a été vendue à l’âge de trois ans, Issue d’une famille de dix enfants, Elle était en trop pour sa maman, Envolée son innocence, Perdue son enfance, Ses ailes se sont brisées, Lorsqu’elle a reçu son premier coup de fouet On les appelle les « restavec » en Haïti, C’est les nouveaux esclaves de notre temps, Pourtant l’esclavagisme est aboli, Mais pas pour eux, c’est évident, Ils n’ont nul part ou aller, « les restavec », Ils se font violer, « les restavec », Ils se font frapper « les restavec », Ce ne sont que des enfants « les restavec », Envolée son innocence, Perdue son enfance, Ses ailes se sont brisées, Lorsqu’elle a reçu son premier coup de fouet. Anne-cécile Collet 10.02.2003 Texte déposé à la SNAC Anne-cécile COLLET - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
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