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Ami Thibaut. 1 Ami Thibaut, bleues sont tes veines, Noueux tes bras de laboureur ; Ami Thibaut, longue est ta peine, Courbe l’échine au dur labeur. 2 Tant pour la pluie que le beau temps Que de pater, que d’orémus, Va-t-en gagner le droit, pourtant, De vivre au son de l’angélus. 3 Afin que monte bien la graine, Pour que soit belle la récolte, Tu dois trimer à la semaine Et sans relâche et sans révolte ; 4 Puis porter le grain qu’on écrase Dessous la meule du moulin ... Toi, besogneux de basse extrace, Le cul-terreux, toi le vilain, 5 Toi par tant de maux déchiré, Il te faut souffrir cent brocards, Tête basse et les poings serrés Mais de fierté plein le regard. 6 Après la taille la gabelle, Tant de corvées, de tristes tâches, Patiente car l’hiver t’appelle, Prends la cognée ou bien la hache … 7 Ami Thibaut, sans une plainte, Les mauvais ans rongent tes doigts ; Sur toi la misère est empreinte Et jusqu’au chaume de ton toit. 8 Mais il te reste en te courbant Le privilège d’espérer Envers les tiens quelques arpents De bonne terre à labourer ... 9 Ami Thibaut, bleues sont tes veines, Noueux tes bras de laboureur ; Ami Thibaut, longue est ta peine, Courbe l’échine au dur labeur. Jacques GOUDEAUX - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
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