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Les soirs de veille au coin du feu On les voyait toujours à deux Le vieux conteur et l’animal Formaient un couple peu banal Le vieux grigou n’avait plus d’âge C’était la mémoire du village L’oiseau était un marabout Fidèle au vieil homme jusqu’au bout La paire s’était formée jadis Avant que l’écrit ne fleurisse D’une rencontre qui eu lieu Un soir de veille au coin du feu Il y avait là ce volatile Venu de la vallée du Nil Qui fasciné depuis des heures Buvait les paroles du conteur Parce qu’il ne pouvait pas voler L’oiseau s’efforçait de chercher De par le monde une raison A son étrange condition La seule plume de cet être rare Etait plantée sur son pétard A quoi pouvait donc lui servir Cet atout sinon qu’à écrire Il se mit donc à retranscrire Soir après soir sans en finir Chacune des fables du conteur De peur qu’un jour L’une d’elle ne meure Tous ces contes étaient si bien dits Que de tous les coins du pays On accourait pour écouter La voix qui parlait du passé Passèrent les saisons, les années Et grandit leur complicité Si bien que ces deux vieux compères Formaient une paire singulière Pourtant un jour est arrivé Où le vieil homme s’en est allé Conter des histoires aux étoiles Hissant à jamais la grand voile Le village était orphelin L’aventure touchait à sa fin Et dans la tristesse générale Les yeux caressaient l’animal L’oiseau se leva silencieux Posa tendrement devant eux La trace écrite de ces histoires Témoin de centaines de soirs L’épais souvenir manuscrit Qui lui restait de son ami N’avait aujourd’hui plus de voix Mais tous en mesuraient le poids Aucun ne se sentait capable De relayer légendes et fables De faire honneur de tout son cœur Aux cent récits du vieux conteur Or l’assemblée vit s’avancer D’un pas discret mais décidé Un jeune garçon qu’un méchant troll Avait privé de la parole L’échassier plongea une à une Dans un bocal d’eau de lagune Chacune des pages décrites plus tôt Pour diluer l’encre des mots De ce breuvage il fallut boire Jusqu'à la lie sous peine d’avoir Parfois au plus fort d’une histoire D’embarrassants trous de mémoire Quand la potion fut avalée Le muet se mit à parler Le marabout pu s’envoler Rejoindre son ami regretté Ce roman à dormir debout De conteur et de marabout Fut la première des histoires Que l’enfant contait chaque soir On raconte que le jeune garçon Avait pour drôle de compagnon Un jeune oiseau nu comme un vers Avec une plume dans le derrière Philippe Bailly - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
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Histoires (de fées) |