|
ALPHONSINE Ma grand-mère était très pieuse Elle avait des bagues précieuses Moi je n’étais pas ambitieuse Ma grand-mère était râleuse Elle avait des blagues sérieuses Mais je n’étais pas très curieuse Dans sa chambre il y avait Des bouquets d’ lavande séchée Des gros édredons brodés Jésus tout nu et crucifié Il y avait dans sa cuisine Des noix et des clémentines Une odeur d’café grillé Sur l’vieux poêle en fonte émaillée Des tartines de pain beurrées Et du miel pour colorer Des gâteaux fleur d’oranger Tapette à mouches sur le buffet Les dentelles se découpaient Sur les meubles en bois cirés Alphonsine était une coquine Mais elle se tenait bien Avec sa copine Léontine Tous les dimanche matins Elles allaient au presbytère Réciter leurs prières Et pleurer pour la toussaint Dans une lumière tamisée Comme du velours d’ambiance Une lampe de perles orangées Se reflétait dans le silence Le carillon qui sonnait Accompagnant le clocher Elle aimait compter les heures Avec un verre de liqueur Parfois elle s’cachait derrière Ses grands rideaux de flanelle Récitant quelques pater cherchant les nuages dans le ciel Endormi sous la poussière Dans un beau cadre doré La photo de mon grand-père Sur la commode en merisier Chaque jour elle lui racontait les souvenirs d’avant guerre Elle disait qu’il lui manquait Tou’tes ses joies et ses colères Alphonsine était une coquine Mais elle se tenait bien Avec sa copine Léontine Tous les dimanche matins Elles allaient au presbytère Réciter leurs prières Et pleurer pour la toussaint Et puis le temps avançait N’voulant pas être centenaire A chaque fête du nouvel an Elle nous parlait d’son enterrement Assise devant le sapin Elle était au nirvana Chaque année elle aimait bien Offrir sa boite de chocolats Elle avait les yeux vairons Un œil vert un œil marron Qu’elle a fermé pour toujours Discrètement et sans discours Mais depuis qu’elle est partie Elle m’a prit un peu d’enfance Le Père-Noèl s’est vite enfuit J’ai perdu toute mon innocence Les guirlandes clignotent encore Mais on perdu leur couleur Plus de crèche plus de trésors Plus personne ne parle du Seigneur Alphonsine était une coquine Mais elle se tenait bien Avec sa copine Léontine Tous les dimanche matins Elles allaient au presbytère Réciter leurs prières Et pleurer pour la toussaint Sylvie Sicot - commentaires : Ajouter votre avis Le site : Accueil - CONTACT |
Le site - CONTACT |
Thème
Hommage |